titre: Transport frigorifique : tu charges moins et tu dépenses plus — voilà comment le facturer
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mot-clé: transport frigorifique prix
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meta-description: Transport frigorifique prix : ce que le froid te coûte vraiment en capacité et en carburant, et comment construire le supplément tarifaire à facturer.
Tu roules en frigo depuis des années, et ton tarif obéit toujours au même réflexe : le prix du sec, majoré d’un pourcentage sorti au feeling — 8 %, parfois 10 %, jamais calculé poste par poste. Ton semi frigorifique transporte pourtant plusieurs centaines de kilos de moins qu’un sec, et son groupe brûle du gasoil pendant que tu patientes à quai.
Le transport frigorifique prix ne se résume pas à une majoration approximative : il se construit poste par poste, en euros. Dans ce guide, tu découvres ce que le froid te retire en capacité, ce qu’il t’ajoute en coûts sur 6 postes précis, ce que le contrat type et le Code des transports t’autorisent à facturer en plus, et comment Corinne, transporteuse à Avignon, a récupéré près de 20 000 € par an rien qu’en arrêtant de facturer son frigo au pourcentage.
🧊 Le froid te prend de la place et du gasoil — et personne ne te le paie
Un camion frigorifique ne coûte pas cher parce qu’il roule plus vite ou plus loin qu’un sec. Il coûte cher parce qu’il te prend deux fois : il retire de la capacité utile à chaque voyage, et il ajoute des postes de coûts que ton sec n’a jamais connus.
Le réflexe classique — sec majoré d’un pourcentage forfaitaire — ignore cette réalité : il ne mesure ni ton temps de groupe, ni ta charge utile perdue, ni ton attente à quai plus longue qu’un frigo impose presque toujours.
Le message central de cet article tient en une phrase : ton supplément frigo se construit en valeur, en euros, poste par poste sur ton propre parc — jamais en appliquant un taux sorti de nulle part sur le prix du sec.
📉 Ce que le froid te retire en capacité (et donc en chiffre d’affaires par voyage)
Un frigo n’est pas un sec avec un groupe posé dessus : ses parois isolantes réduisent déjà la largeur et le volume utiles de la caisse, avant même d’y charger la première palette.
Le groupe froid et la cloison mobile qui sépare parfois deux températures mangent aussi une partie du plancher que ton sec facturerait sans problème : à longueur de caisse identique, tu charges moins de volume.
L’ensemble alourdit aussi le véhicule : compte entre 800 kg et 1 tonne de poids supplémentaire pour la caisse isotherme et le groupe, par rapport à une caisse sèche — autant de charge utile en moins sur ton PTAC. Notre page sur la charge utile et le tonnage facturable détaille comment ce poids se répercute sur ce que tu factures.
La réglementation compenserait cette épaisseur de parois : l’article R. 312-10 du Code de la route autoriserait une largeur maximale légèrement majorée pour les véhicules isothermes et frigorifiques. Pour les cotes précises, direction notre page dédiée aux dimensions de camion — on ne la reproduit pas ici.
💸 Ce que le froid t’ajoute en coûts (les 6 postes à chiffrer)
Le froid ne se contente pas de te retirer de la place : il ajoute six postes de coûts que ton tarif sec ignore purement et simplement. Voici comment les mesurer sur ton propre parc — pas une valeur à recopier, une méthode à appliquer.
1. Carburant du groupe. Relève le compteur horaire, multiplie les heures de fonctionnement par la consommation horaire constructeur et ton prix du litre. Un poste à répercuter, pas un sujet fiscal.
2. Entretien et révisions du groupe. Reprends ton coût annuel d’entretien et la périodicité constructeur, divise par les heures de fonctionnement annuelles, puis multiplie par la durée moyenne d’un voyage.
3. Amortissement du surcoût d’équipement. Compare l’achat de ta caisse frigo et de ton groupe à une caisse sèche équivalente, amortis l’écart sur sa durée de vie, puis ramène-le au voyage.
4. Agrément ATP et suivi documentaire. Contrôle périodique, attestation, suivi administratif : un coût récurrent à ramener, lui aussi, au voyage.
5. Immobilisation à quai. Les quais frigo font attendre plus souvent qu’un quai sec — cette attente se facture, la section suivante te donne la borne à opposer.
6. Nettoyage, lavage, désinfection. Entre deux natures de marchandises, ton frigo doit être nettoyé : une prestation facturable à part entière, pas un service offert en silence.
⚖️ Ce que la réglementation t’impose en plus — et ce que le contrat type te permet de facturer
L’agrément sanitaire ATP (transport de denrées périssables sous température dirigée) est obligatoire à bord de tout véhicule frigorifique — l’Essentiel TLF 2025 le confirme dans sa fiche « Documents à bord des véhicules ». C’est une contrainte de conformité, mais aussi un argument de prix : un concurrent sans agrément n’a pas le droit de faire ce trafic.
Le contrat type général, à son article 18 §2, liste ce qui doit être rémunéré en plus du prix du transport — deux lignes concernent ton frigo directement : les opérations de nettoyage, lavage ou désinfection du véhicule, et les frais d’immobilisation du véhicule et/ou de l’équipage. Ce ne sont pas des faveurs à négocier, ce sont des postes prévus par le texte.
L’article 11 du contrat type général fixe les durées maximales de mise à disposition au chargement et au déchargement : pour un envoi de plus de 10 tonnes, 1 heure si le créneau précis convenu est respecté, 2 heures pour une plage horaire, 3 heures dans les autres cas. Au-delà, un complément de rémunération est dû — la borne à opposer sur un quai frigo qui traîne.
Le Code des transports encadre ton prix : l’article L. 3221-1 impose qu’il couvre les charges de produits énergétiques et d’entretien — ton groupe froid entre dans les deux —, l’article L. 3221-2 ajoute les durées de mise à disposition et les charges énergétiques de l’opération, et l’article L. 3221-4 en fait une obligation du donneur d’ordre, pas une faveur négociée.
🧮 Comment construire ton supplément frigo en 4 étapes
Une fois les 6 postes identifiés, la méthode pour construire ton supplément tient en 4 étapes.
Étape 1 — Isole le coût horaire réel du groupe sur ton parc. Pars du compteur horaire, de la consommation constatée et de ton prix du gasoil pour obtenir un coût propre à chaque véhicule — pas une moyenne trouvée sur un forum.
Étape 2 — Convertis ce coût horaire en coût par voyage. Multiplie-le par le temps de fonctionnement moyen du groupe sur ce trafic : un groupe qui tourne 11 heures ne coûte pas ce que coûte un groupe qui tourne 4 heures.
Étape 3 — Ajoute la perte de capacité. Valorise le tonnage et le plancher indisponibles au tarif de ce trafic. Notre pilier sur le choix de l’unité de facturation t’aide à choisir entre tonne, palette ou mètre plancher.
Étape 4 — Pose le supplément en valeur, jamais en pourcentage, en ligne distincte du devis. Note-le à part de la ligne « transport », pour le défendre poste par poste face à un client qui négocie. Retrouve notre page sur les postes de coûts et la marge du camion.
💰 Exemple concret chiffré
Corinne dirige 6 camions à Avignon, dont 4 frigos, sur des trafics de fruits et légumes vers le Nord. Sur son trafic régulier Avignon → Lille, en semi frigo, groupe en fonctionnement 11 heures par voyage, voici son supplément reconstruit poste par poste — à la place de l’ancien réflexe « sec + 8 % ».
Carburant du groupe. Coût horaire retenu : 2,70 € (1,5 litre/heure × 1,80 €/litre). Sur 11 heures de fonctionnement : 2,70 × 11 = 29,70 € par voyage.
Entretien du groupe. Son contrat d’entretien constructeur coûte 2 400 € par an pour 1 100 heures de fonctionnement annuelles, soit 2,18 €/heure. Sur 11 heures : quote-part de 24 € par voyage.
Charge utile perdue. 0,9 tonne en moins par rapport à un sec équivalent, valorisée au tarif du trafic fruits et légumes (90 €/tonne) : 0,9 × 90 = 81 € par voyage.
Attente à quai. Sur la plateforme de Lille, l’attente moyenne atteint 2 h 50 pour un envoi de plus de 10 tonnes sur plage horaire respectée — plafond de l’article 11 : 2 heures. Dépassement de 50 minutes, au tarif d’immobilisation négocié de 42 €/heure : (50/60) × 42 = 35 € par voyage.
Amortissement de l’équipement, agrément ATP et nettoyage. Quote-part combinée par voyage : 29,20 €.
Total du supplément frigo : 198,90 € par voyage — à comparer aux 72 € que rapportait son ancien tarif « sec + 8 % » sur une base de 900 € (900 × 8 % = 72 €). Soit 126,90 € de recette en plus par voyage rien qu’en changeant de méthode.
Sur 3 voyages Avignon → Lille par semaine et 52 semaines par an, ça représente 156 voyages. Le gain annualisé de la renégociation : 126,90 × 156 = 19 796,40 € récupérés sur l’année, simplement en arrêtant de facturer son frigo au pourcentage.
❌ Les erreurs qui font travailler un frigo au prix du sec
Appliquer un pourcentage forfaitaire au tarif sec. Un « + 8 % » ne mesure ni ton temps de groupe, ni ta charge utile perdue, ni ton attente à quai.
Oublier la charge utile perdue par la caisse et le groupe. Ne pas la valoriser, c’est offrir gratuitement une part de ta capacité de facturation.
Ne pas relever le compteur horaire du groupe. Sans donnée réelle, aucun coût carburant ni entretien fiable n’est possible.
Offrir le prélavage entre deux natures de marchandises. C’est une prestation prévue par le contrat type comme rémunérée en plus, pas un geste gratuit.
Absorber l’attente à quai sans opposer l’article 11. Chaque heure non facturée au-delà du plafond, c’est un camion immobilisé payé de ta poche.
Ne pas valoriser l’agrément ATP comme barrière à l’entrée. Un concurrent sans agrément ne peut légalement pas faire ce trafic.
💡 Astuce de terrain : Note ton supplément frigo en ligne séparée sur chaque devis, avec le détail des postes. Le jour où un client conteste le montant, tu pointes une ligne précise — jamais un pourcentage flou.
✅ FAQ
Comment calculer le prix d’un transport frigorifique ?
Pars du prix de ton trafic sec équivalent, puis ajoute un supplément construit poste par poste : carburant du groupe, entretien, amortissement, ATP, immobilisation et nettoyage — en euros, jamais en pourcentage.
Pourquoi éviter le réflexe « sec + 8 % » ?
Parce qu’un pourcentage forfaitaire ne mesure aucun coût réel de ton exploitation : deux trafics différents peuvent cacher des écarts du simple au triple sous le même taux.
Combien de charge utile perd-on avec un camion frigorifique ?
Entre 800 kg et 1 tonne selon l’équipement, à cause du poids de la caisse isotherme et du groupe — une perte à valoriser au tarif du trafic.
Le client peut-il refuser de payer le nettoyage du camion ?
Non : l’article 18 §2 du contrat type général classe le nettoyage, le lavage et la désinfection parmi les prestations rémunérées en plus du transport.
Quand l’attente à quai donne-t-elle droit à un complément de rémunération ?
Au-delà des plafonds de l’article 11 du contrat type — pour un envoi de plus de 10 tonnes, de 1 à 3 heures selon le respect du créneau ou de la plage horaire convenue.
L’agrément ATP est-il obligatoire pour tout transport sous température dirigée ?
Oui, pour les denrées périssables : c’est un document obligatoire à bord, et un concurrent qui ne l’a pas ne peut légalement pas réaliser ce trafic.
🎯 CTA — Créer un prix de transport précis et juste
Un supplément frigo calculé au pourcentage, c’est de la marge qui part en fumée — 126,90 € par voyage pour Corinne, avant qu’elle ne change de méthode. Le froid ne se facture pas au pourcentage. La formation Créer un prix de transport précis et juste te montre comment construire un prix qui couvre chaque poste de ton frigo — avant ta prochaine campagne.
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